Sarkozy : Reforme allégée du Lycée.

Nicolas Sarkozy présente une réforme allégée du lycée

REUTERS | 13.10.2009 | 18:18

PARIS (Reuters) – Nicolas Sarkozy a présenté mardi une réforme allégée du lycée, avec l’espoir de la voir mieux accueillie que celle, beaucoup plus ambitieuse, concoctée en 2008 par son ex-ministre de l’Education, Xavier Darcos.

Devant plusieurs centaines de lycéens et de responsables de l’éducation réunis à l’Elysée, le chef de l’Etat a plaidé pour une évolution progressive du lycée pour en faire une véritable transition vers l’enseignement supérieur.

Il a annoncé une orientation plus progressive et réversible des lycéens, qui auront un "droit à l’erreur", et promis une valorisation des filières littéraires et technologiques pour casser le monopole de l’excellence de la voie scientifique.

Il a plaidé pour un rapprochement entre le lycée et les universités et annoncé le lancement d’un "plan d’urgence" pour l’enseignement des langues étrangères.

Nicolas Sarkozy a également annoncé la mise en place d’un accompagnement personnalisé pour tous les élèves, de seconde d’abord, puis de première et de terminale, et la création d’un enseignement culturel et artistique de haut niveau.

La mise en oeuvre de ces orientations, fruits de plusieurs mois de concertation sous la houlette du directeur de l’Institut de sciences politiques de Paris Richard Descoings, fera encore l’objet de consultations que le successeur de Xavier Darcos, Luc Chatel, devait entamer dès mardi après-midi.

L’entourage de Nicolas Sarkozy refuse d’accoler le mot "réforme" à ces orientations, qui devront s’appliquer à partir de la rentrée 2010, comme pour éviter d’agiter un chiffon rouge devant les lycéens et les enseignants.

SARKOZY NE COMPRENAIT PAS LA RÉFORME DARCOS

"En tout cas c’est une réforme que les jeunes peuvent comprendre", a pour sa part déclaré le chef de l’Etat à des journalistes. "J’ai vu l’année dernière que la réforme du lycée était incomprise. Moi-même, d’ailleurs, je ne comprenais pas ce qu’on voulait faire."

Il s’était déclaré le 2 juin 2008 en faveur d’un lycée à la carte et c’est sur cette base que Xavier Darcos avait mis au point son projet de réforme, suspendu fin 2008 face à une vive hostilité des enseignants et des lycéens.

Les premières réactions des lycéens invités à l’Elysée à la nouvelle mouture étaient plutôt positives, même s’ils relevaient des lacunes et affirmaient vouloir attendre sa mise en oeuvre.

S’il reconnaît l’existence de "pistes intéressantes", le syndicat lycéen Fidl regrette pour sa part que celles-ci restent à l’état de "brouillons flous et souvent déconnectés des vrais besoins des lycéens" et déplore des "manques majeurs".

"Les lycéens attendent plus et se mobiliseront en assemblées générales et journées d’actions coup de poing dans les semaines qui viennent !" dit-il dans un communiqué.

PAS ASSEZ DE CONCRET

Le président de l’UNL, autre syndicat lycéen, déplore qu’il n’y ait pas assez de concret et mise sur les consultations avec Yves Chatel. "La mise en place de la réforme parallèlement à une politique de suppressions de postes peut aboutir à des effets inverses à ceux recherchés", a averti Antoine Evennou.

Pour l’Unsa Education, les mesures annoncées ne peuvent prendre tout leur sens que dans le cadre d’un "plan cohérent de transformation du système éducatif de la maternelle au lycée".

Le chef de l’Etat "a préféré des mesures partielles à une réforme d’ampleur", souligne ce syndicat.

L’Unsa juge certes positifs la fluidification des parcours lycéens ou les rapprochements avec l’enseignement supérieur. Mais l’aide individualisée ou l’orientation "vont se heurter à l’insuffisance des moyens humains", dit-il.

Du côté des partis, si l’UMP a apporté un soutien sans surprise et sans réserve à Nicolas Sarkozy, le dirigeant socialiste Bruno Julliard a dénoncé "beaucoup de bruit pour rien", des "réponses cosmétiques" et un manque de moyens.

"Alors que tous, lycéens, parents d’élèves et enseignants, attendaient depuis un an une réforme ambitieuse du lycée, Nicolas Sarkozy a longuement aligné de nombreuses banalités", a déclaré le secrétaire national à l’Education du PS.

L’ancien ministre socialiste de l’Education Jack Lang est beaucoup plus nuancé. Il estime que les propositions de Nicolas Sarkozy sont "des idées de bon sens", dans "la droite ligne" des réformes qu’il a lui-même conduites en 1992 et 2000.

"Une grave interrogation demeure sur le financement de l’encadrement des lycées et sur la remise en cause de la formation des maîtres, qui risque d’altérer l’excellence de l’enseignement", ajoute-t-il cependant.

Selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques de 2006, la France arrive en 19e position des 30 pays de l’OCDE pour la culture scientifique et en 17e position pour la compréhension de l’écrit.

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