Régionales : « Le petit jeu des alliances ».

ÉLECTIONS. De gauche à droite, les états- majors préparent leurs listes. Et rien n’est simple, au petit jeu des alliances

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Frédéric Nihous (CPNT) veut être candidat en Aquitaine et l’a rappelé à l’UMP.

La campagne pour les élections régionales est loin d’être officiellement commencée, mais tous les partis tentent de se mettre en ordre de bataille. Le comportement des écologistes, par exemple, ne présente qu’une certitude : ils vont constituer des listes autonomes dans toutes les régions.

En Aquitaine, ils souhaitent une candidature de Noël Mamère. La nébuleuse associative Europe Écologie le réclame. José Bové, député européen largement élu en juin dernier dans la région Sud-Ouest avec cette étiquette, le pousse dans cette direction. On attend la réponse du maire de Bègles le 23 octobre, à l’occasion de la visite à Bordeaux de Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Difficile d’imaginer que Noël Mamère annonce alors son retrait, après autant d’« hésitations ».

Du côté du Modem, la candidature de Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques et fidèle lieutenant de François Bayrou, semble acquise. Le parti doit se prononcer le 21 octobre. L’hypothèse Lassalle rompt toute possibilité de négociations avec les Verts, qu’il ne porte pas dans son coeur. Avec lui, la stratégie d’autonomie ira jusqu’au bout.

Le troisième challenger d’Alain Rousset, président socialiste sortant, devrait être un homme qui a déjà été son adversaire malheureux en 2004. L’UMP Xavier Darcos siège toujours comme conseiller régional, même si sa présence est devenue de plus en plus épisodique. Battu à la mairie de Périgueux en mars 2008, c’est de Gironde qu’il devrait repartir à la conquête de la région. Depuis 2004, il a pris du galon au gouvernement ; après l’Éducation nationale, il a reçu le portefeuille du Travail, et assure avoir la confiance totale du président de la République. Les arbitrages futurs risquent d’être douloureux. Par exemple, dans le cas de Bernard Laporte (lire ci-dessous).

Xavier Darcos devra aussi appliquer à sa liste l’élargissement de la majorité aux chasseurs de CPNT. Frédéric Nihous, leur président, a déjà annoncé qu’il souhaitait être candidat en Aquitaine, sans doute dans les Pyrénées-Atlantiques, département où Alain Lamassoure est pressenti pour être tête de liste et où Michèle Alliot-Marie a ses attaches électorales.

Courte et sanglante

Il faudra aussi faire une place au Nouveau Centre, dont la figure importante en Aquitaine est Jean Dionis du Séjour, député-maire d’Agen. Sa protégée, Muriel Boulmier, a, de plus, l’avantage d’être une femme. La droite en manque pour remplir l’objectif de parité. Elle pourrait donc prendre la tête de liste en Lot-et-Garonne, en lieu et place du député Michel Diefenbacher. En Dordogne, Jérôme Peyrat, président de l’UMP départementale, compléterait le tableau.

On comprend pourquoi Xavier Darcos ne se presse pas pour constituer sa liste et préfère annoncer en privé une campagne courte et sanglante, très « blitzkrieg ». À la tête d’un attelage si divers, il ne peut pas se permettre de laisser la zizanie s’installer dans son propre camp.

À gauche, rien n’est simple non plus. Jean-Luc Mélenchon, qui est tenté de relancer l’expérience Front de gauche en Aquitaine, doit attendre fin octobre la décision du PCF pour savoir si ce dernier veut bien repartir avec lui. Il doit aussi composer avec le NPA, dont la présence sur une telle liste interdirait un accord de second tour avec le PS que Jean-Luc Mélenchon veut trouver quoi qu’il arrive. Face à cela, Alain Rousset, président sortant, brigue un troisième mandat. Il tente de négocier des « ouvertures » vers des personnalités de la société civile ou affiliées à des partis qui n’ont pas encore franchi le pas qui les séparait de la gauche.

L’indésirable Bernard Laporte

L’UMP ne dévoilera ses listes aux élections régionales qu’en janvier, mais les tractations ont bien évidemment commencé. Demain soir, l’UMP Gironde sera reçue par la commission nationale d’investiture présidée par Jean-Claude Gaudin. En jeu, le cas de Bernard Laporte. En annonçant cet été (lire « Sud Ouest » du 21 août) sa candidature sur la liste girondine, l’ancien secrétaire d’état aux Sports s’est placé en situation délicate. D’autant qu’il s’en était à peine ouvert au président Alain Juppé. Nombre de militants mais aussi de responsables et d’élus locaux n’ont guère apprécié. Bernard Laporte peut toutefois bénéficier de deux ouvertures. Il a toujours dit qu’il était candidat à la demande de Nicolas Sarkozy. Un argument de poids que n’a pas cherché à contrer frontalement Xavier Darcos. La seconde chance de l’ancien ministre réside dans sa propre ambition. S’il veut être élu régional, y compris en cas de défaite, il devra jouer des coudes.

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