L’envolée du basket feminin français !

        Le basket féminin français fait des jaloux chez les hommes… 
Bourges s'est hissé jusqu'en quart de finale de l'Euroligue la saison passée. Emmeline Ndongue, internationale française, a fait le choix de poursuivre l'aventure avec le club champion de France.
AFP/JOE KLAMAR
Bourges s’est hissé jusqu’en quart de finale de l’Euroligue la saison passée. Emmeline Ndongue, internationale française, a fait le choix de poursuivre l’aventure avec le club champion de France.

Déjà trois journées d’Euroligue et aucune victoire pour les deux clubs français engagés, Orléans et l’Asvel. Triste constat mais qui n’est pas incongru au vu des dernières éditions de la plus prestigieuse des compétitions dubasket européen. La dernière participation au Top 16 d’un club françaisdate de la saison 2006-2007 (Pau-Orthez), celle à un Final Four remonteà 1997 avec l’Asvel. Les basketteurs tricolores font presque de la figuration sur la scène européenne, au contraire des filles. D’un exode plus récent des talents à une disparité budgétaire moins forte, divers éléments expliquent cette disparité.

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Bourges, le fleuron du basket féminin français, a remporté trois Euroligues en 1997, 1998 et 2001. Ces dernières saisons, les filles de Bourges ont atteint deux fois le Final Four en 2007 et 2008. L’année dernière, le club du président Pierre Fosset a été éliminé en quart de finale. Mais Bourges n’est pas isolé : Valenciennes a remporté égalementdeux fois la compétition (2002 et 2004) et disputé deux Final Four (2001 et 2003). Et un club comme Villeneuve-d’Ascq est parvenu à se hisser en huitièmes de finale en 2008.

François Gomez est l’entraîneur de Tarbes, vice-champion de France entitre et qui dispute l’Euroligue cette saison. Les filles de Tarbes se sont inclinées 73-68 en Pologne face à Gdynia, mais ont remporté leur premier match face aux Hongroise de Szeged. "On s’en sort pas mal même face à des équipes qui ont un budget trois à quatre fois supérieur,comme le club polonais. Je pense qu’on éprouve les mêmes difficultés enterme d’argent que les garçons face à nos adversaires étrangers", raconte-t-il.

DISPARITÉ BUDGÉTAIRE MOINS FORTE DANS LE BASKET FÉMININ

Une analyse nuancée par Pierre Fosset, président de Bourges, qui évoque une disparité moins forte que dans la compétition masculine. "Bourgesa un budget de 2 millions d’euros. Hormis les clubs russes comme le Spartak Moscou, Iekaterinbourg et Valence en Espagne, les budgets sont un peu mieux répartis chez les filles. La différence est moins énorme que chez les hommes", explique Pierre Fosset.

Gil Villain, vice-président des basketteurs d’Orléans, confirme cettepremière piste. "Il y a encore quelques années, un bon budget de Pro B suffisait pour gagner l’Euroligue féminine. Sans tout ramener à l’argent, il faut avoir les moyens de ses ambitions. Les grosses cylindrées espagnoles, turques, grecques ou russes alignent des budgets de 15 à 25 millions d’euros. Nous avons cette saison un budget de 4,8 millions d’euros environ. L’Asvel, c’est entre 7 et 8 millions d’euros."

UN EXODE DES JOUEUSES FRANÇAISES PLUS RÉCENT

Alors que les meilleurs joueurs français s’exportent depuis des années vers les championnats européens (Italie et Espagne principalement) et vers la NBA (12 Français cette saison), le mouvement est plus récent chez les filles. Selon l’entraîneur de Tarbes, François Gomez, les clubs féminins arrivent mieux à conserver leurs joueuses. "Lerêve d’un garçon quand il débute est d’aller en NBA. Une jeune fille rêve de l’équipe de France." Ces dernières saisons, plusieurs internationales françaises ont cependant rejoint l’étranger.

C’est le cas de Sandrine Gruda (Iekaterinbourg), d’Emilie Gomis (Naples), d’Elodie Godin (Tarante) ou encore de Céline Dumerc, la capitaine des Bleues, championne d’Europe en titre, qui a cédé aux sirènes russes d’Iekaterinbourg cette saison. "Nous avons réussi à garder Céline six saisons à Bourges. L’année dernière, elle avait déjà été sollicitée par Valence et le club russe. Elle avait choisi de resterpar fidélité. C’est un travail de fond d’arriver à créer un collectif et un esprit d’équipe. Seule la stabilité permet de bien figurer au niveau européen. C’est peut-être moins présent chez les garçons", se félicite Pierre Fosset.

LE BASKET FÉMININ FRANÇAIS MIEUX POSITIONNÉ

Pour Gil Villain, le vice-président d’Orléans, la différence est également culturelle. "Nous revenons de Belgrade, où nous avons perdu. J’ai été impressionné par la ferveur et l’enthousiasme du public.Le même soir, le Partizan a perdu en football face à Bruges. Les gens étaient heureux parce que l’équipe de basket avait gagné. En France, le foot domine tout." Et occupe l’espace médiatique du sport collectifmasculin. Il poursuit : "Le basket féminin français est mieux positionné par rapport à l’ensemble des sports collectifs féminins. Elles sont championnes d’Europe. Il y a à mon avis une capacité plus évidente à rassembler les énergies et les capitaux."

Gil Villain reconnaît la nécessité de "professionnaliser l’action" des clubs français. "On doit augmenter nos exigences pour convertir les efforts des joueurs sur le terrain. Cela passe aussi par la stabilité et l’expérience. D’une saison sur l’autre, les équipes françaises engagées en Euroligue ont été complètement renouvelées (Le Mans et Nancy en 2008-2009). Nous devons être constant au niveaufrançais pour pouvoir grandir", livre-t-il, en espérant pouvoir suivre l’exemple des clubs de basket féminin.

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