France-Eire : Un sacré coup de main !

FOOTBALL. L’équipe de France est venue à bout de l’Irlande en prolongation. Elle jouera donc la Coupe du monde 2010. Mais le but de Gallas était entaché d’une incontestable main de Thierry Henry

France – Eire : Un sacré coup de main

La main de Dieu a désormais une héritière. Diego Maradona avait marqué de la main contre l’Angleterre en quart de finale de la Coupe du monde 1986. Et l’Argentine avait fini championne du monde.

Hier, au bout du suspense, de la peur, de tout ce que vous voulez et à la fin une qualification… là aussi haut la main. Celle de Thierry Henry sur le but libérateur de Gallas qui entâche cette qualification française. Après 120 minutes à pester contre ces Bleus d’une incroyable indigence et à trembler face à des valeureux Irlandais et si tristes aujourd’hui, eux qui se sont procurés les meilleures occasions hier soir au Stade de France.

L’Irlande à l’assaut

Un cauchemar. Il n’y a pas d’autre mot pour résumer la première mi-temps française. Dominés dans l’impact physique et surtout verts de trouille, les Bleus ont connu un calvaire avant d’être logiquement menés à la pause par un but de Robbie Keane. Un parfait résumé de tous leurs maux : un milieu de terrain totalement dépassé, un décalage sur la droite dans le dos de Sagna, le centre en retrait de Damien Duff dans le dos d’une charnière centrale happée par le premier poteau et un plat du pied, comme à la parade, du capitaine irlandais (33e). Ils étaient où les Français ? Loin, en tout cas, du niveau attendu. L’ouverture du score venait ponctuer une première demi-heure dominée de la tête et surtout des épaules par les soldats de Giovanni Trapattoni : le football reste ce jeu où le premier à l’attaque du ballon possède toutes les chances de s’imposer.

Car autant l’Eire avait joué à l’italienne à l’aller, autant elle se lançait la tête la première dans le « kick and rush » qui lui va si bien. Un jeu long et haut que les Français ne parvenaient pas à juguler. Cette fois pourtant, Nicolas Anelka collait à la ligne de touche côté droit, laissant de l’espace à un Yoann Gourcuff tout de suite dans la rencontre. Mais après un premier enchaînement au sol sur un contre d’André-Pierre Gignac jusqu’au tir contré de Thierry Henry (10e), c’est l’Irlande qui dictait sa loi.

Les Bleus écopent

La défense française avait très vite (9e) perdu Julien Escudé, sonné par un coup de coude de… Patrice Evra et remplacé par Sébastien Squillaci obligeant William Gallas à permuter. Elle écopait tout ce qu’elle pouvait mais le moins que l’on puisse écrire, c’est que tout cela ne respirait pas la sérénité !

Le mal bleu ? Un Henry, totalement absent de cette première période, qui ne bloquait pas son couloir gauche, les Diarra bloqués par le pressing irlandais, un Anelka coupé du jeu. Résultat : une équipe coupée en deux et des décalages de plus en plus fréquents. Hugo Lloris sauvait une première fois du bout des doigts devant Keane qui manquait de le scalper (24e) mais la sanction venait logiquement plus tard.

À peine réveillés par ce but, les Français finissaient mieux la mi-temps, avec un Sagna saignant à droite, mais sans réel danger pour Shay Given (frappes de Gourcuff, 35e et 38e, Anelka contré, 39e).

Atmosphère irrespirable

Ça ne fonctionnait pas mieux à la reprise avec cette occasion pour John O’Shea complètement seul au deuxième poteau sur un long coup franc (47e) ! Cette fois, Raymond Domenech, sans réaction devant son banc de touche, devait réagir. Il lançait Govou (pour Gignac, Anelka passant en pointe) mais la grosse occasion à venir était encore pour l’Irlande. Sur un ballon perdu dans l’axe par un Lassana Diarra totalement méconnaissable, Duff se présentait seul face à Lloris qui remportait son duel (61e).

Cela ressemblait fortement à un tournant car dans la foulée, la France montait enfin le ton. Le danger approchait le but de Given par Gourcuff sur une remise d’Henry (71e) puis Anelka d’une tête décroisée (72e). Mais Keane parti dans le dos de Gallas effaçait Lloris d’un dribble trop long qu’il ne pouvait redresser (73e). Quelle occasion irlandaise, encore !

Le dernier quart d’heure était irrespirable, pas encore pour les supporters français qui entonnaient une Marseillaise pour contrer les chants irlandais. Sur le terrain, la bataille faisait rage, le jeu beaucoup moins. Les Français poussaient mais ils terminaient dans le désordre avec Florent Malouda en milieu… axial à la place de Gourcuff. Une dernière frayeur (Keane au-dessus, 90e) et un dernier espoir (centre d’Henry dans la surface détourné par Given) n’évitaient pas les prolongations, un moindre mal pour des Français totalement hors sujet. Mais hier, Henry n’avait pas ses mains dans les poches…

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