Sarkozy n’augmentera pas les Impôts

Vous allez payer la dette

Le 16 décembre 2009

Présentant les priorités du grand emprunt, Nicolas Sarkozy a renouvelé un de ses engagements:  il n’augmentra pas les impôts. Enfin, pour être plus précis, le gouvernement qu’il a nommé ne présentera pas un budget contenant des hausses d’impôts. Et le chef de l’Etat de réaffirmer la permanence du bouclier fiscal, la nécessité de baisser la TVA dans les cafés restaurants – au passage, on aura appris que l’hôte de l’Elysée ignore que la chaîne Burger King a quitté la France il y a au moins 10 ans – ou la suppression de la taxe professionnelle.

22 milliards supplémentaires levés sur les marchés financiers, un déficit qui a cru à cause de la crise mondiale et des impôts qui n’augmenteront pas, tel est le pari du président de la République. Le tout dans un cadre européen qui prévoit une certaine orthodoxie budgétaire depuis l’adoption du Pacte de stabilité. Il sera aussi difficile de combiner ces différentes contraintes que de faire rouler une voiture avec des roues carrées. Suffira-t-il de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, comme s’y est engagé le président de la République, pour rembourser la dette ? La bonne gestion voudrait qu’à la précision des nouvelles dépenses correspondissent des annonces aussi précises des budgets à réduire !

Précieuse consommation

Dans la conjoncture actuelle, annoncer des hausses d’impôt serait pour le moins délicat. Depuis longtemps, les économistes ont montré que les agents économiques tenaient compte de ces hausses dans leur comportement. Plus d’impôt, c’est moins de revenu disponible, et donc moins de consommation. Un ralentissement de cette dernière ne serait pas la bienvenue par les temps qui courent. Elle reste, en effet, le moteur de la croissance française. Pour la soutenir, il faudrait dynamiser les revenus distribués aux ménages, une décision qui n’est pas vraiment à l’ordre du jour. Aller en répétant qu’on n’augmentera pas les impôts est donc une sorte de nécessité pour un chef de l’Etat en période de crise.

Pourtant, l’annonce d’une réduction des dépenses publiques pourrait avoir un effet similaire. Les ménages de la classe moyenne n’ont-ils pas compris qu’une réduction du périmètre de la fonction publique c’est davantage de dépenses à leur charge qui réduiront d’autant leurs dépenses de consommation ? Les Français savent désormais qu’un plan de sauvetage de la sécu, ce sont des cotisations pour la mutuelle qui augmentent, que la réduction des moyens alloués à l’éducation nationale, c’est davantage de cours particuliers à payer pour les enfants. Sans parler de la réaction prévisible des jeunes fonctionnaires, tel que l’a analysée Eric Maurin.

L’emprunt, un outil d’hier pour préparer demain ?

Reste que des voix s’élèvent pour s’interroger sur la pertinence de l’outil choisi pour préparer l’avenir : un grand emprunt et des investissements massifs venus d’en haut. Certains estiment qu’un fond d’investissement nourri par l’épargne des Français sur le modèle des Fonds d’investissement de proximité aurait été plus judicieux. Le modèle du plan télécom de Valéry Giscard d’Estaing ou du plan électro nucléaire de Charles de Gaulle, tous deux cités par Nicolas Sarkozy, sont-ils les plus adaptés à l’heure d’Internet et des start up ? Avant d’emprunter, n’aurait-il pas fallu s’interroger sur le meilleur moyen d’investir pour l’avenir ?

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