La Martinique et la Guyane = Autonomie

 

10 janvier 2010

 La Martinique et la Guyane votent pour leur autonomie symbole de l’Indépendence de l’île

 OUTREMER-REFERENDUMS-INSTITUTIONS

A Cayenne, en Guyane, on prépare les documents électoraux pour le référendum de dimanche. Crédits photo : AFP

Les habitants de ces départements se prononcent dimanche sur le changement de statut de leurs collectivités.

«Approuvez-vous la transformation de la Martinique en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution, dotée d’une organisation particulière tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République ?» La question posée dimanche aux électeurs de Martinique – la même sera soumise en Guyane – n’est pas d’une grande clarté. Mais les termes du débat sont connus depuis longtemps dans les départements français d’Amérique. Et, un an après la crise sociale et les troubles qu’ont connus ces territoires – et qui n’ont pas atteint la même intensité qu’en Guadeloupe – Nicolas Sarkozy accède à une demande exprimée par la majorité des élus locaux lors des états généraux de l’outre-mer.

La question posée dimanche n’est pas celle de l’indépendance, rejetée par une grande majorité de la population. Le gouvernement offre aux habitants de la Martinique et de la Guyane le choix entre deux innovations possibles. La première consiste à créer une collectivité unique dotée de compétences beaucoup plus larges que les régions en métropole, à l’image de la Polynésie française et de la Nou­velle-Calédonie, qui disposent aujourd’hui d’un véritable gouvernement. Tel est l’objet du référendum de demain. En cas de victoire du oui, le Parlement déterminera le degré d’autonomie et les nouvelles compétences accordées à la Martinique et à la Guyane.

Évolution institutionnellle

En revanche, si le non l’emporte dans l’un de ces territoires, un nouveau référendum y sera organisé deux semaines plus tard. Le gouvernement proposera alors aux habitants une évolution institutionnelle plus modeste, qui consiste à fusionner département et région dans une assemblée unique aux compétences a priori inchangées. En cas de nouvelle victoire du non à ce deuxième référendum, le statu quo prévaudra.

Marie-Luce Penchard, ministre chargée de l’Outre-Mer, n’a pas pris officiellement position en faveur de l’un ou l’autre de ces scénarios. Mais l’ordre des référendums suggère clairement que le gouvernement souhaite la victoire du oui dimanche. Lors d’un précédent référendum, le 7 décembre 2003, la fusion du département et de la région avait été refusée par 72,98 % des votants en Guadeloupe et 50,48 % d’entre eux en Martinique.

Beaucoup d’élus appellent à voter oui. Le président du conseil général de Martinique, Claude Lise, apparenté socialiste, estime que l’échec du référendum «priverait d’un outil de développement extrêmement important».

D’autres élus espèrent la victoire du non et l’ont exprimé lors d’un débat organisé à l’Assemblée le 7 décembre. Alfred Almont, député UMP de Martinique, a souligné que les élus locaux avaient marqué leur volonté d’instituer une préférence locale en matière d’accès à l’emploi privé s’ils en avaient demain la faculté grâce à leurs nouvelles prérogatives.

Sans préjuger du choix des électeurs, Michel Diefenbacher (UMP, Lot-et-Garonne) a observé que, «quand on souhaite plus d’autonomie, il faut en avoir les moyens financiers». Et Abdoulatifou Aly, député MoDem de Mayotte, a craint que la victoire du oui en Martinique ou en Guyane «ouvre la voie au règne de l’arbitraire de potentats ou de roitelets locaux».

 

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