Merkel et Sarkozy cherchent un accord UE

Gouvernance de l’Union Européénne : Merkel et Sarkozy en quête d’accord

14/06/10  

Les deux dirigeants, après l’annulation de leur rencontre du 7 juin, se retrouvent aujourd’hui. A l’agenda : les nouveaux mécanismes de coordination des politiques économiques, et les sanctions contre les Etats laxistes.

Une semaine exactement après l’annulation en dernière minute d’une visite de Nicolas Sarkozy à Berlin, le président de la République et la chancelière Merkel doivent bel et bien, aujourd’hui, se rencontrer dans la capitale allemande.

Le report de l’entretien prévu pour le 7 juin, justifié différemment à la chancellerie et à l’Elysée, a pu être interprété comme un nouveau coup de froid franco-allemand. En fait, cette semaine de respiration a permis aux deux parties de mieux se préparer. Angela Merkel, qui fait face à une situation intérieure très difficile (voir analyse page 14), a pu expliquer aux groupes parlementaires du Bundestag les orientations du programme d’économies présenté le 7 juin, après des négociations houleuses au sein de la majorité. Nicolas Sarkozy, pour sa part, a pu analyser en profondeur ce plan de rigueur, moins drastique que Berlin veut bien le dire. Et il arrive fort des annonces de François Fillon, samedi à Paris, sur l’effort budgétaire que Paris compte fournir d’ici à 2013.

A l’agenda des deux dirigeants, aujourd’hui : la préparation du Conseil européen de la fin de la semaine et le G20 de Toronto à la fin du mois. Au coeur des discussions figure la gouvernance au sein de l’Union, alors qu’Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, doit présenter jeudi aux Vingt-Sept, réunis à Bruxelles, un rapport d’étape, à partir des travaux du groupe de travail qu’il dirige. Malgré les tensions réelles entre les deux capitales, on se réjouissait, vendredi, à l’Elysée, d’un accord entre Berlin et Paris sur les grands principes : « La nécessité d’un gouvernement économique, le fait qu’il relève des chefs d’Etat et de gouvernement, et qu’il doit être renforcé à deux niveaux, celui de l’UE à 27 et celui de la zone euro à 16. Toute la question est d’articuler les deux. »

Pression des marchés

Un diplomate confirme qu’il n’attend pas à Bruxelles de « clash entre Sarkozy et Merkel ». Mais il y a beaucoup d’incompréhensions. Quand les Français demandent plus de réunions de la zone euro, les Allemands comprennent qu’on veut convoquer le président de la BCE et lui dicter ce qu’il doit faire ; quand les premiers demandent un fonds de stabilisation, les seconds craignent de devoir payer chaque fois qu’un pays sera proche du défaut de paiement. Dans l’autre sens, quand les Allemands demandent plus de rigueur, les Français mettent en garde contre ses effets potentiellement récessifs. Le travail d’explication réciproque est d’autant plus ardu qu’il ne peut être fait publiquement, sous peine de porter préjudice à l’euro, déjà affaibli. « Les politiques sont sous une pression énorme des marchés », indique ce même diplomate.

Sur la question du degré d’institutionnalisation souhaitable de la coordination des politiques économiques dans la zone euro, l’Elysée se dit beaucoup moins demandeur qu’on ne le dit d’une nouvelle structure formelle.

Autre sujet abordé aujourd’hui : la modifications des traités. L’Elysée dit soutenir les propositions d’Angela Merkel pour de nouvelles sanctions contre les Etats laxistes, par exemple un retrait de leurs droits de vote européens. Mais Paris demande aussi à évaluer lucidement la faisabilité des innovations nécessaires, alors que le traité de Lisbonne a mis des années à être ratifié. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a indiqué vouloir pour l’instant travailler « à l’intérieur des textes actuels », mais n’avoir « aucun tabou » si de nouvelles clauses juridiques se révélaient nécessaires.

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