Terrorisme. La menace comparable à 1995

Terrorisme. La menace comparable à 1995

12 septembre 2010 –

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«Tous les clignotants sont dans le rouge.» Le patron de l’antiterrorisme français Bernard Squarcini assure que la menace d’un attentat sur le sol français «n’a jamais été aussi grande».

En matière de terrorisme, les fanfaronnades sont révolues. On se souvient d’un ministre qui prétendait naguère «terroriser les terroristes». Cette fois, quand le patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) s’exprime dans le JDD, c’est sur un ton réaliste, donc inquiétant: «Tous les clignotants sont dans le rouge», dit Bernard Squarcini. Cet ancien des renseignements généraux et de la DST, désormais fondus dans la DCRI, n’est pas un béni-oui-oui. S’il a l’absolue confiance des dirigeants français, il ne cache pas que la politique qu’ils conduisent peut avoir des incidences. La France n’est pas une entité chimiquement pure, qui se situerait hors du champ de vision des organisations les plus agressives:«Notre pays, à cause de son histoire, de son engagement en Afghanistan, de prises de positions fermes en matière de politique étrangère et de débats de société comme la loi sur le voile intégral, fait l’objet d’un intérêt très particulier de certains mouvements islamistes radicaux». Il ne manque pas de citer non plus la montée des tensions internationales, et le rôle toujours central du conflit israélo-palestinien. Pour Bernard Squarcini, il faut aller chercher les renseignements «très loin et ils ont une incidence directe sur notre territoire». Les terroristes potentiels suivent ce qui se passe dans les grandes démocraties. La France a parfaitement le droit de conduire la politique qu’elle entend, et ne saurait évidemment renoncer à aucune de ses prérogatives de politique étrangère, ni à promulguer des lois, du simple fait que cela irriterait des barbus dans leurs grottes. Pour autant, ces positions sont effectivement des prétextes nourrissant les délires des «fous de Dieu», c’est incontestable.
Deux attentats déjoués par an

Depuis bientôt dix ans, voire même depuis la dernière grande vague d’attentats en France en 1995, les services de renseignement s’activent au sein d’un réseau international pour déjouer des attentats en préparation. Selon Squarcini, la France échappe ainsi à deux attentats par an, sans que cette donnée soit vraiment vérifiable. Si aucune explosion terroriste ne s’est produite en France depuis quinze ans, c’est que des centaines de fonctionnaires traquent jour et nuit tous les indices trahissant cette menace. Ils surveillent les «signaux faibles» émanant des banlieues sensibles, d’où des imams radicaux envoient des jeunes au djihad en Irak ou en Afghanistan. Des menaces précises ont été émises par l’Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique) d’Abdelmalek Droukdal qui a déjà tué plusieurs Européens dans le Sahel, dont le Français Michel Germaneau et qui pourrait être tenté d’agir sur notre continent. Squarcini a raison d’ouvrir les yeux de ses compatriotes!

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