Accord militaire Franco-Britannique « historique »

Sarkozy et le Premier Ministre Britannique Cameron concluent un accord militaire "historique"

 

En vertu du second traité, les deux pays simuleront à partir de 2014 le fonctionnement de leur arsenal nucléaire dans un même laboratoire, implanté près de Dijon, dans le centre-est de la France. Parallèlement, un centre de recherche sera ouvert aux spécialistes des deux pays, dans le sud-est de l’Angleterre.

Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron ont inauguré mardi à Londres un partenariat "historique" en matière de défense, qui prévoit la création d’une force militaire conjointe et d’un laboratoire d’essais nucléaires commun.

"Aujourd’hui, nous ouvrons un nouveau chapitre" dans nos relations, a déclaré M. Cameron lors d’une conférence de presse conjointe peu après avoir paraphé avec M. Sarkozy deux traités lors d’un bref sommet bilatéral à Londres.

Les accords, d’une ampleur inédite, sont un "fait historique qui va nous permettre de réaliser un certain nombre d’économies", a souligné M. Sarkozy. M. Cameron a de son côté évoqué des "centaines de millions de livres d’économies", sans plus de précisions.

Soulignant la volonté des deux pays de travailler "main dans la main", le président français a estimé que "toutes les conditions sont réunies pour une relation absolument exceptionnelle entre la Grande-Bretagne et la France", jugeant qu’il existait dorénavant entre les deux pays "un niveau de confiance jamais égalé dans l’Histoire".

L’un des traités signés mardi prévoit la création d’une force militaire conjointe de plusieurs milliers d’hommes, mobilisable pour des opérations extérieures bilatérales ou sous drapeaux de l’OTAN, de l’ONU ou de l’Union européenne.

En vertu du second traité, les deux pays simuleront à partir de 2014 le fonctionnement de leur arsenal nucléaire dans un même laboratoire, implanté près de Dijon, dans le centre-est de la France. Parallèlement, un centre de recherche sera ouvert aux spécialistes des deux pays, dans le sud-est de l’Angleterre.

"Nous considérons que l’effort de sécurité ne doit pas être relâché dans le monde dangereux qui est le nôtre", a souligné M. Sarkozy. "Au moment où certains disent que l’Europe souffre d’un certain rétrécissement stratégique, nous montrons, Anglais et Français, que ce n’est pas le cas", s’est-il félicité. "On ne résoudra pas les problèmes du XXIe siècle avec les idées du XXe", a-t-il encore fait remarquer.

"Aujourd’hui, je suis très heureux de pouvoir dire que contrairement aux apparences, les montres de la France et de l’Angleterre marquent strictement la même heure", a lancé M. Sarkozy. "Je sais bien qu’il y a la Manche entre nous, mais nos valeurs sont les mêmes", a-t-il asséné.

David Cameron a quant à lui souligné que "la Grande-Bretagne et la France étaient des partenaires naturels" mais qu’ils entendaient "rester des nations souveraines", en réponse aux nombreuses inquiétudes qui sont apparues au Royaume-Uni sur la souveraineté militaire britannique.

"Il ne s’agit pas d’une armée européenne", a promis M. Cameron, dont le parti conservateur est encore largement eurosceptique. "Il ne s’agit pas de partager notre pouvoir de dissuasion nucléaire. La Grande-Bretagne et la France sont et seront toujours des nations souveraines capables de déployer leurs forces armées de manière indépendante et dans nos intérêts nationaux quand nous décidons de le faire", a-t-il poursuivi.

Vous pouvez laisser un commentaire ou vous inscrire au flux et recevoir les dernières nouvelles.

Laisser un commentaire

*