La guerre froide recommence avec la Chine !

Frères de sang
(Taeguki  – 2004)
De : Je-Gyu Kang

Avec Jang Dong-Gun, Won Bin, Eun-Joo Lee

G85352099536617.jpg En 1950, durant la guerre de Corée, suite à l’invasion nord-coréenne, deux frères sont envoyés de force au front afin de défendre le drapeau sud-coréen. Au travers du destin de deux frères embarqués malgré eux dans le conflit, se succèdent les combats sanglants, les répressions aveugles de la part des deux camps, enchaînant vengeance sur vengeance, entre Nord-coréens et Sud-coréens. Ces deux nations sœurs, combattant pour des idéologies qui parfois les dépassent. Lorsque le conflit s’internationalise (intervention américaine pour le compte du Sud puis chinoise pour le compte du Nord), les cartes se brouillent, les soldats changent de camps… Soldats de nations sœurs, mais frères de sang, telle semble être la réflexion qu’impose ce film.

Plongeons dans la guerre de Corée avec la plus grosse production du pays en terme de budget et de figuration : 12 millions de dollars et 25000 figurants pour une réalisation qui se veut trés nettement dans la lignée du Soldat Ryan. Le destin des 2 frères qui par les aléas de la  guerre se retrouvent opposés dans chaque camp, est une métaphore à peine voilée de la division de la Corée. On peut reprocher au film sa surenchère dans la violence ou quelques effets mélodramatiques faciles un peu trop appuyés mais le projet à sa sortie était de rappeler aux jeunes générations coréennes l’absurdité de l’origine de la division du pays dans un film volontairement commercial pour attirer le plus de monde possible (grosse publicité, les acteurs sont des jeunes stars locales), alors que se profilait des discussions de rapprochement entre les deux Corée. Dernier détail, le titre original Taeguki évoque le drapeau de Corée du Sud conçu lorsque la résistance du pays était unie face à l’occupant japonais pendant la seconde guerre mondiale.

Nous avons parlé du cinéma coréen avec les TL lorsque nous avons évoqué la guerre de 1950-1953 en cours.
Pays coincé entre la Chine et le Japon, coupé en 2 par la guerre froide, la Corée est mal connue chez nous. Pourtant c’est un pays fascinant que l’on commence à connaître ces dernières années grâce à sa production cinématographique.

Si le Nord, dont nous reparlerons, n’offre que de rares films patriotiques à usage interne, le Sud, qui a promulgué des lois de quota garantissant un pourcentage minimum de films coréens dans les cinéma du pays, l’a protégé de l’invasion massive des production hollywoodiennes ou hongkongaises qui auraient pu asphyxier la créativité locale.
Ils ont développé une industrie cinématographique remarquable qui n’hésite pas à traiter ouvertement de son histoire, de ses relations avec les frères ennemis du Nord, de la présence des bases américaines sur son sol ou des bouleversements liés à l’industrialisation et l’enrichissement rapide du pays.
Toute cette semaine je vais essayer de vous indiquer un florilège de ce qui se fait de mieux dans la production du « pays du matin calme » (c’est que veut dire Corée.). Bien sûr, il s’agit de films disponibles en France notamment en DVD.
J.S.A. (Joint Security Area) 
de Park Chan Wook (2000)
Lee Young-Ae, Lee Byung-Hun, Song Gang-Ho

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264.jpg Séparée par une zone démilitarisée de quatre kilomètres de large coupant la péninsule d’Est en Ouest -la " Joint Security Area "-, les deux Corée se font face depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale. Seul point de contact entre celle du Nord et celle du Sud, The Bridge of No-Return est une passerelle traversant la rivière Sachon qui relie les deux zones démilitarisées. Sophie Jang, jeune inspectrice de police suisse d’origine coréenne, doit mener une enquête extrêmement délicate pour le compte de l’ONU. Elle doit découvrir les raisons d’une fusillade entre des soldats du Nord et du Sud tout en évitant l’incident diplomatique. Elle s’aperçoit assez vite qu’aussi bien au Nord qu’au Sud personne ne veut que la vérité soit découverte.
Le film qui a révélé au monde l’excellent réalisateur Park Chan Wook (Sympathy for Mister Vengeance, Old Boy) ce thriller nous plonge dans la zone démilitarisée où l’on peut voir le quotidien des soldats des 2 camps. Un film qui eut pas mal de problèmes avec la censure car refusant de diaboliser les voisins du Nord et présentant des faits gênants pour l’histoire officielle sud-coréenne. Plastiquement très beau, scénaristiquement passionnant, ce film est indispensable pour comprendre la tension et l’absurdité des relations entre les 2 Corée.
  

Les présidents américains entre 1945 et 1975

Pour bien comprendre la politique américaine pendant la première période que nous étudions, il faut savoir reconnaître les présidents en exercice :

 

La chronologie suivante va vous permettre de repérer ces 5 présidents et de les remettre dans le contexte des relations internationales de leur temps mais aussi de la course à l’espace et de la question raciale qui secoue les Etats-Unis à cette époque.
chrono01.jpg   
HarryTrumanIndex-copie-1.jpg Harry S. Truman
Démocrate (avril 45 – janvier 53)
Harry Truman, vice-président sous Roosevelt, devient, comme le veut la constitution, président des Etats-Unis après la mort de celui-ci en avril 1945. Il participe à la conférence de Postdam où il cède devant les exigences de Staline pour obtenir l’aide des soviétiques face au Japon. En août 45 Il décide d’utiliser à deux reprises la bombe atomique contre ce pays (Hiroshima, le 6 août 1945 et Nagasaki, le 9 août 1945) et obtient sa capitulation.

D’abord tenté par le compromis avec Staline, Truman conseillé par Churchill décide d’être beaucoup plus dur et en 47 lance la doctrine de l’endiguement pour stopper l’avancée du communisme. Une doctrine qui porte son nom. Il crée la CIA (1947), favorise l’aide économique à l’Europe occidentale (plan Marshall, 1947), et contribue à la fondation de lOTAN (1949). 


Considéré comme le président qui a gagné la guerre, il est réélu en 48, malgré les divisions dans son propre parti. Il réagit à l’attaque de la Corée du Sud par la Corée du Nord communiste (juin 1950) en envoyant des troupes américaines, mais il refuse de faire bombarder les bases chinoises ou d’utiliser la bombe atomique. L’enlisement de l’armée américaine et l’hystérie anticommuniste liée à la montée de Joe McCarthy le fragilise en fin de mandat et permet à ses adversaires républicains de remporter l’élection de 1952. Il demeure l’une des grandes figures américaines du 20ème siècle symbolisant la réaction énergique du pays face à ses ennemis.
eisenhower-copie-1.jpg Dwight D. Eisenhower (dit Ike, un surnom d’étudiant à l’origine toujours mystérieuse)
Républicain (janvier 53 – janvier 61)
Commandant en chef des forces américaines pendant la guerre contre l’Allemagne, il est considéré comme un héros par les américains et est courtisé aussi bien par les démocrates que les républicains qui voient en lui un candidat idéal à la présidence en ces temps de menace soviétique. Il est élu en 52 notamment grâce au maccarthysme qui présente les démocrates comme trop mous face aux rouges. Cela ne l’empêche pas de se débarrasser rapidement de l’encombrant sénateur qui commet l’erreur de s’en prendre à l’armée. Eisenhower poursuit et amplifie la lutte contre le communisme passant de l’endiguement au « Roll Back », le refoulement qui consiste à lutter activement pour déstabiliser les gouvernements procommunistes. Mais la mort de Staline et la politique plus pacifique de l’URSS changent la donne et entraîne un rapprochement entre les deux grands qui nouent des relations diplomatiques et commerciales. C’est la co-existence pacifique avec Khrouchtchev qui vient même en visite aux Etats Unis
Sur le plan économique, les années 50 sont marquées par un retour à la prospérité mais aussi par la montée des revendications raciales pour l’égalité des droits. Eisenhower signe des lois interdisant la ségrégation dans les écoles mais se heurte à des résistances très fortes dans les Etats du Sud.

Après 2 mandats, il se retire. Avant de partir, il fait un discours d’adieu en 1961 où il met en garde les Etats-Unis contre le pouvoir grandissant du lobby militaro-industriel pourtant trés proche du parti républicain: une alliance des grands groupes industriels et des milieux conservateurs issus de l’armée et qui profitent de la peur des rouges et de la politique d’armement face aux soviétiques pour faire prévaloir leurs interêts. Moralement conservateur et vieux jeu, Eisenhower reste pour beaucoup d’américains le symbole de l’âge d’or de la prospérité américaine des années 50 à une époque où on ne parlait pas encore de drogues et de liberté sexuelle comme ce sera le cas dans la décennie suivante.

le discours d’adieu d’Eisenhower

jfk16.jpg John F. Kennedy
Démocrate (janvier1961 – novembre 1963)
Avec Kennedy c’est un nouveau style qui arrive à la maison blanche. Jeune (46 ans), beau, charmeur, il bat Richard Nixon, le vice président d’Eisenhower après un débat télévisé qu’il maîtrise parfaitement. Avec lui c’est un changement d’époque. Le président n’est pas un descendant de fermier WASP conservateur et moraliste comme Truman ou Eisenhower. Les Kennedy sont un clan de millionnaires de la bonne société irlandaise et catholique de la côte Est qui fréquente Hollywood et le milieu artistique. On lui prête d’ailleurs de nombreuses aventures féminines dont une avec l’actrice Marilyn Monroe.
Au coté de Jack (le surnom de John Kennedy), son frère Robert dit Bobby devient ministre de la justice et se lance dans une attaque en règle contre le crime organisé et ce, alors que de forts soupçons pèsent quand aux liens du père de JFK avec la mafia italienne, celui-ci ayant fait sa fortune pendant la prohibition des années 20. Les détracteurs de la famille Kennedy dénonceront ces liens supposés, accusant même le vieux Joe Kennedy d’avoir demandé à ses amis de la pègre de bourrer les urnes dans certains bureaux de votes en faveur de son fils , truquant ainsi une election qui fut trés serrée. Kennedy avait en effet moins de voix que Nixon, mais il remporta la majorité des suffrages dans les états lui assurant le plus de grands électeurs gagnant paradoxalement l’élection grace au système indirect très particulier en vigueur pour les présidentielles. Les historiens débattent encore de la réalité de ces accusations de fraude.
Kennedy se lance dans une politique volontariste dans le domaine racial en accélérant les droits civiques. Une phrase lancée lors de son discours d’investiture résume son projet : «  Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays ». De même il lance le projet de « nouvelle frontière » visant à améliorer la situation des plus pauvres dans le pays par des lois sociales. Il crée la NASA pour riposter à l’avancée des soviétiques dans le domaine spatial et fixe à celle-ci l’objectif d’atteindre la Lune avant la fin des années 60.
Dans le domaine international, il se veut ferme avec Castro et Cuba mais connait un échec lorsqu’une tentative de débarquement anticastriste rate lamentablement à la Baie des Cochons, faute d’un soutien aérien suffisant. Il se rend à Berlin après la construction du mur pour assurer les Allemands du soutien occidental (le célèbre « Ich bin ein Berliner »). Il aura surtout l’occasion de montrer sa fermeté lors de la crise des missiles où il menace l’URSS d’une guerre si elle persiste à vouloir installer des fusées nucléaires à Cuba. Il se lance parallèlement dans le soutien militaire au Sud Vietnam qui va aboutir à la fameuse guerre du Vietnam où les Etats-Unis vont s’enliser pendant presque dix ans.
En novembre 1963, alors qu’il est en visite à Dallas au Texas, il est assassiné par un déséquilibré, Lee Harvey Oswald. Cet assassinat et les mystères qui l’entourent (Oswald est ainsi abattu avant son procès par un petit gangster qui voulait venger le président) vont alimenter tout un tas de théories du complot qui voient derrière la main d’Oswald, l’ombre de la mafia, de Cuba ou encore de l’extrême droite raciste ou du vice-président Johnson lui-même ! Sa mort correspond pour les américains à la fin brutale de l’âge d’or des Etats Unis. Les années 60 seront celles de la guerre du Vietnam, des violentes contestations raciales et universitaires.


 
LyndonJohnsonPresident-copie-1.jpg Lyndon B. Johnson
Démocrate (novembre 63 –janvier 69)
Vice-président de Kennedy, ce sénateur texan devient président à la suite de l’assassinat de celui-ci, le temps de réorganiser des élections. En 64, il est officiellement élu pour continuer la politique de JFK, ce qu’il fait notamment dans le domaine racial. Mais son mandat est surtout marqué par l’enlisement dans la guerre du Vietnam qui voit le départ des milliers de jeunes américains pour une guerre très meurtrière.
Il doit faire face à une contestation raciale et étudiante extrêmement dure et à la montée de la violence criminelle dans le pays avec l’explosion de la consommation de la drogue aux Etats-Unis. La vie politique est elle aussi extrêmement violente. Martin Luther King est assassiné par un activiste raciste blanc en 1968, tout comme Bobby Kennedy candidat déclaré aux élections présidentielles, par un illuminé syrien qui lui reproche son soutien à Israël.  
Sur le plan intérieur, Johnson lance un programme d’aides sociales pour lutter contre la pauvreté et poursuit le programme de conquête spatiale qui culmine en juillet 69  avec les premiers pas de l’homme sur la lune (même si Johnson qui a veillé sur le projet n’est plus président).
Très contesté pour sa politique au Vietnam, il décide de ne pas se représenter en 1969. Il demeure dans l’imaginaire américain, un personnage un peu secondaire parmi les présidents américains, s’étant fourvoyé dans le choix de l’engagement au Vietnam.

Sur l’assassinat de Robert Kennedy

nixon.jpg Richard M. Nixon
Républicain (janvier 1969 – août 1974)
Nixon est un des rares présidents américains a avoir tenté plusieurs fois d’être élu. Vice-président d’Eisenhower (et déjà mouillé dans une affaire de corruption à cette époque), il a surtout été candidat malheureux face à Kennedy. Après cet échec il connaît une traversée du désert avant de prendre la tête de la contestation républicaine face à la politique sociale de Johnson et de recevoir le soutien des milieux conservateurs effrayés par les hippies et la contre-culture des années 60.
Elu en 69, il continue dans un premier temps la politique de guerre au Vietnam intensifiant même les bombardements contre les bases communistes y compris au Cambodge voisin. Puis en 72, conscient de l’échec de cette guerre, il finit par négocier la paix. De même il soutient l’installation de régimes militaires en Amérique Latine notamment au Chili. D’un autre côté, il se lance aussi dans une grande politique de rapprochement avec la Chine et encourage la détente avec l’URSS par des pourparlers de désarmement comme les accords SALT qui limitent le nombre de missiles nucléaires.

 

Malgré la défaite du Vietnam, il reste très populaire car les boys rentrent au pays. Réélu en 1972, il est rattrapé par le scandale du Watergate. Des cambrioleurs sont arrêtés dans le QG de campagne du parti démocrate dans l’immeuble du Watergate à Washington alors qu’ils sont en train de poser des micros. Il apparaît vite que ces hommes sont des membres du parti républicain qui tentent d’espionner le camp d’en face. Deux journalistes, renseignés par des fuites venant de membres de l’administration présidentielle, démontrent l’implication de Nixon lui-même dans cette affaire. Une commission d’enquête parlementaire demande à entendre Nixon qui nie avoir donné l’ordre de cette opération. On découvre alors tout un tas d’autres pratiques douteuses comme des écoutes illégales organisées par la Maison Blanche. Aux yeux de l’opinion, il devient « Dick le tricheur » qui entache la respectabilité des institutions américaines par ses combines.  Ayant menti à une commission d’enquête, il risque la destitution. Une procédure d’impeachment est pour la première fois dans l’histoire lancée contre le président qui préfère démissionner en août 74. Il est remplacé par son vice-président Gerald Ford.

Pour les américains, Nixon reste le symbole de l’affaiblissement moral et politique des Etats-Unis au milieu des années 70. C’est le moment où ceux-ci, frappés par la crise économique traversent l’une des périodes les plus désenchantée de leur histoire…


 

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A la fin de la seconde guerre mondiale, l’Allemagne a été punie et divisée en quatre zones d’occupation par les alliés.
La capitale, Berlin, a été divisée de la même façon mais de par sa position géographique se trouve coincée dans la zone soviétique. Le pays, en ruine, est totalement désorganisé. La dénazification du pays a cassé l’administration allemande héritée du Troisième Reich. Il doit donc être réorganisé politiquement et économiquement par les troupes d’occupation, chaque camp poussant ses propres pions dans sa zone.

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En 1948, les alliés occidentaux décident de réunir leurs zones, pour y établir une assemblée constituante et de créer une monnaie commune le Deutschmark qui doit permettre le redémarrage du pays. Imprimé aux Etats-Unis, il remplace le Reichsmark qui n’a plus de valeur. Cette réforme monétaire permet de remplir enfin les rayons des magasins de produits qui n’étaient plus alors disponibles que par le marché noir.  

Mais la mise en place d’un système monétaire clairement capitaliste est vécue comme une provocation par l’URSS. Staline décide de frapper un grand coup notamment pour faire basculer la capitale de l’Allemagne dans le camp communiste et tester la détermination du camp occidental.  Il est persuadé que les américains ne prendront pas le risque d’engager une guerre avec l’URSS pour défendre leurs anciens ennemis.

Caricature américaine de Dick Spencer
sur le blocus de Berlin (publié en 1948)

Les troupes soviétiques encerclent Berlin et empêchent désormais tout ravitaillement de la ville. Ce blocus est un véritable siège, destiné à pousser les soldats occidentaux à quitter la cité. Les américains qui sont les seuls a en avoir les moyens matériels ripostent en organisant un gigantesque pont aérien : des milliers d’avions se relaient pour transporter vivres, charbon et médicaments dans la capitale allemande.

 

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Cela va se prolonger un an, plus de 270 000 vols, 2 millions de tonnes de matériels transportés, Berlin-Ouest est sous perfusion et ses habitants changent de statut pour l’opinion occidentale. Les anciens nazis deviennent soudain les victimes à secourir de l’agression communiste. La tension est réelle, une fausse manœuvre, un avion qui s’écraserait sans raison, un officier soviétique qui lâcherait une salve sur ces appareils qui le survole et ça pourrait bien être la guerre… (Il y eut bien un crash d’un appareil américain dans la zone soviétique en mars 49, mais cela fut réglé diplomatiquement)

 

TOON6.JPG Cette agression accélère la reconstitution d’un gouvernement autonome dans l’Allemagne de l’Ouest. En mai 49, une constitution nouvelle est rédigée, le Loi fondamentale. La République Fédérale d’Allemagne (RFA) est crée, Berlin étant assiégée, la nouvelle capitale est placée dans une petite ville thermale, Bonn. Konrad Adenauer, ancien maire de Cologne emprisonné par les nazis est désigné chancelier. Il pousse l’Allemagne de l’Ouest à s’allier davantage avec les Etats-Unis et à entamer une entente avec la France dans la Communauté Economique du Charbon et de l’Acier, l’ancêtre de l’U.E. 
Le 12 mai 1949, Staline lève le blocus qui n’a rien donné et pousse dans sa zone à la création d’un régime communiste : la République Démocratique Allemande (RDA) dirigé par Walter Ulbricht chef du parti communiste allemand. Berlin-Est est sa capitale. Le pays est officiellement divisé en 2 états qui deviennent le symbole vivant de la guerre froide.

                                                            
(Sur les médailles :charbon, farine)
"Ouais mon garçon, et là les deux dernières ,
je les ai eu pour le pont aérien en 1948"
dessin américain de Schuffert en 1948

Sources : les blogs Le site de l’INA propose de nombreux documents sur la création des deux Allemagne
Le site du mémorial de Caen propose une exposition virtuelle sur Berlin pendant la guerre froide
Enfin les illustrations proviennent du fond du musée Harry Truman (une très riche iconographie sur ce sujet)
Je suis trop peu les programmes télé et je ne découvre le passage de ce film qu’au dernier  moment. Jeudi 15 au soir sur Arte :

Dr Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr Strangelove or how I learned to stop worrying and love the bomb) de Stanley Kubrick avec Peter Sellers et Georges C. Scott
(rediffusé vendredi 16 à 14h55)

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Kubrick-dr.Strangelove-cfa1b.jpg Convaincu que les communistes veulent empoisonner l’eau potable des États-Unis, le général Ripper lance une offensive de bombardiers B-52 sur l’URSS. Croyant à un exercice pour motiver les troupes, son second, le capitaine Mandrake, accepte de déclencher l’alerte rouge. Informé de ce coup de folie, le général Turgidson fait part de l’événement au président Muffley qui s’empresse de convoquer l’état-major à la salle d’opérations du Pentagone. Après discussions, il décide de prévenir le Premier ministre de l’URSS de cette “bévue” et de demander conseil au docteur Folamour, un ancien physicien nazi en charge de la recherche sur les armes…

Gigantesque farce sur l’escalade atomique entre les deux grands ce film sorti en 1964 illustre avec humour le paranoïa de l’affrontement entre les 2 grandes puissances. 

Essayez de le voir (ou de vous le faire enregistrer si vous êtes incapable de resister à l’idée de rater les deux derniers épisodes de Prison Break) !

Nous avons beaucoup insisté sur ce type particulier de document tant en cours que sur le blog. Il est temps de faire le point sur l’image de propagande, un des supports documentaires privilégiés de l’épreuve d’histoire.

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Les enfants du Fleuve Jaune (peinture chinoise des années 40)
Mao Ze Dong montre l’avenir forcément glorieux à une jeunesse belle et vive

La propagande tout d’abord  : qu’est ce que c’est ? Il s’agit d’une technique de communication pour influencer et agir sur une opinion publique, modifier son comportement pour lui faire adopter un état d’esprit ou un comportement particulier. C’est ce qu’on pourrait simplifier sous le terme de « publicité politique »

Sous forme d’image, elle doit être simple, percutante et aller à l’essentiel : Pas de discours complexes ou subtils. On doit séduire, frapper les esprits et désigner les bons et les méchants.

 

Les grands principes (tels qu’ils sont définis par Jean-Marie Domenach dans « la propagande politique » en 1950)

La simplification : une formule, un mot d’ordre, des symboles simples et immédiatement reconnaissables.

L’ennemi : forcément grotesque et/ou maléfique. L’idéal est de se présenter comme une victime, c’est toujours l’autre qui attaque.

Le grossissement : la magnification ou la défiguration : on accentue, on déforme. Les méchants seront forcément ignobles et laids, les gentils beaux et grandioses.

L’orchestration : on répète inlassablement la même idée jusqu’à ce qu’elle apparaisse comme une évidence. Tous les supports (image, cinéma, chanson, manifestation sportive) peuvent être l’occasion de faire passer l’idée.

La transfusion : on se sert de vieux mythes, de symboles patriotiques, de héros du passé pour s’inscrire dans la durée.

          

La lecture d’image de façon générale nécessite de se poser la question suivante : comment celle–ci est elle construite ?

Bien sûr chaque image a ses spécificités et il n’y a pas de façon unique de les analyser.

 

Découpez l’image en plans. Regardez ou se croisent les lignes de fuite du document, c’est généralement là que se porte le regard donc c’est souvent là que se trouve ce qui doit dominer dans l’image.
Le premier plan est généralement le plus important, ce qui doit ressortir, ce qui doit accrocher le regard.
L’arrière plan plante le décor et peut permettre de glisser quelques détails supplémentaires.
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Nous voulons la paix!

Une affiche soviétique de 1946 qui paradoxalement inverse premier et deuxième plans. L’ouvrier soviétique en salopette de travail, beau mais grave, tient un drapeau rouge, symbole du communisme, où est inscrit le slogan. Son poing s’abat sur une table où des leaders du camp occidental (on reconnait de face Truman (le 2ème à partir de la gauche), Churchill (le 3ème) et De Gaulle (le 5ème), sont dessinés de façon caricaturale et en noir et blanc. Sur la table, des armes miniatures, symbole du militarisme et de l’impérialisme du camp d’en face. Remarquez la dynamique du regard de l’ouvrier qui forme une diagonale centrale avec son poing et qui donne toute sa force à l’ensemble.

Un grand classique est l’image en opposition avec le bon et le méchant clairement opposés. Voici un exemple issu de l’imagerie soviétique

  deux-mondes-deux-resultats.jpg

 

affiche soviétique de 1955 :
en haut : "Deux mondes-deux résultats"
"Les résultats de la production industrielle dans les Etats du camp socialiste et dans les Etats du camp capitaliste"
Sur la locomotive est écrit : "les pays du camp socialiste"
en dessous le long de la flèche noire : " les pays du camp capitaliste"
La locomotive rouge (couleur du communisme) symbolise le progrès et l’industrialisation rapide du pays (mais celle-ci part de tellement bas que forcément les chiffres apparaissent spectaculaires) là où le camp occidental, dont l’indice de production passe pourtant de 100 à 176, est représenté en gris morose et semble progresser péniblement comme sur une tortue. Un camp occidental representé par deux capitalistes grotesques en costume et chapeau haut de forme et mené par un militaire signifiant l’impérialisme américain.

 

Dites vous bien que la plupart du temps le choix des couleurs ou des symboles ne doit rien au hasard. Voici quelques symboliques « classiques » au XXème siècle

Couleurs :

Le rouge = communisme / le sang

Le vert = islam /écologie
Le bleu = la France / L’Union Européenne
Le blanc= la paix / le christianisme (c’est la couleur du pape)
Le noir = le mal / le fascisme italien
Le brun = le nazisme

 Animaux :

La pieuvre/l’araignée = le mal tentaculaire

Le serpent = la traîtrise
La colombe = la paix
Le vautour / la chauve souris vampire = les profiteurs
Le mouton/l’agneau =la foule idiote/ la victime

Des animaux peuvent symboliser des pays :

Le coq =La France

L’aigle =les Etats-Unis/ L’Allemagne/la Pologne
L’ours=la Russie
Le lion=La Grande Bretagne
Le dragon/le panda =la Chine
Le tigre/l’éléphant=l’Inde

   

Dans la même famille d’image on peut la regrouper avec la publicité, la caricature et l’affiche politique. Une photo, soigneusement cadrée et composée peut facilement être utilisée comme une image de propagande, nous en reparlerons.

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Allez, je lance de nouveau un petit concours d’interprétation autour de cette image réservée à mes TL et mes TS. A la clef, une (bonne) note d’exercice sur 10 pour celui ou celle qui dans chaque classe m’enverra avant le jeudi 22 novembre la meilleure interprétation possible de cette affiche de propagande. Pas d’indication de source ou d’auteur pour vous aider, si ce n’est que nous avons déjà vu "Paix et liberté" en cours.
P.S. Evidemment Armand comme tu as déjà brillament répondu à celle sur Staline et que tu as obtenu un 10/10 pour cela, tu es hors concours !

 

 

Comme annoncé en classe avant les vacances nous faisons notre première sortie avec le cinéma "Le jeu de paume"  de Vizille. Premier de ces films :  « Lord of War » d’Andrew Niccol avec Nicolas Cage et Jared Leto. Une vision ironique de la mondialisation au travers de l’ascension d’un marchand d’armes sans scrupules qui parcourt le monde pour placer ses « produits »…

  lord-of-war-ver5.jpg

Rappel :

Les TL :  Jeudi 15, les deux dernières heures de la matinée

Les TS :  Lundi 19, les deux dernières heures de l’après midi

 On utilise la carte M’RA ou sinon c’est 3,20 euros la séance, j’ai chargé les délégués de regrouper les cartes et/ou l’argent à l’avance pour gagner du temps, en effet le film dure 2h05 donc pour ne pas prendre trop de retard avec la cantine jeudi ou les cars lundi, il faut être sûr de commencer tôt. C’est pourquoi dès la récré, rendez-vous direct au ciné !

 

La bande annonce du film :

 

Nous l’avons vu en cours avec les L, 1949 est une grande année pour le camp communiste: les soviétiques testent leur première bombe atomique et obtiennent un nouvel allié de choix : la Chine où Mao Ze Dong (aussi transcrit Mao Tse Toung) renverse la vieille dictature militaire du général Tchang Kai Chek.

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Mao au balcon du palais de la place Tien An Men proclame la prise de pouvoir par les communistes le 1er octobre 1949

Le pays sort de vingt ans de guerre civile entre le régime militaire au pouvoir et différents groupes rebelles : des seigneurs de la guerre qui règnent en despotes sur certains territoires, des révoltes ethniques dans les provinces de l’Ouest et surtout une redoutable insurrection communiste. Mais c’est surtout la guerre contre le Japon de 1937 à 1945 qui a ruiné et saigné à blanc le pays. Les communistes, menés par Mao Ze Dong, se sont illustrés dans la résistance face à l’occupant japonais et ont gagné la sympathie d’une partie des paysans chinois. De même, dans les zones qu’ils contrôlent pendant la guerre, ils organisent un soutien matériel aux populations civiles chassées de chez elles par les combats.

Le Kuomintang ou Parti Nationaliste de Tchang Kai Chek est au pouvoir et a longtemps été soutenu par les américains. Il a lui aussi participé à la lutte contre l’envahisseur nippon. Mais représentant le vieux pouvoir en place, il est surtout vu comme un parti corrompu où les officiers incapables de vaincre les japonais préfèrent pressurer le peuple d’impôts et piller le pays. De plus l’armée est loin de présenter un front uni derrière son général et les rivalités entre officiers paralysent le pouvoir.

Conference-Caire-1943.jpg En 45, Tchang Kai Chek (que l’on voit ici au côté de Roosevelt et Churchill pendant la guerre lors d’une conférence au Caire en 1943) espère obtenir davantage d’assistance des américains, mais Truman qui avait aidé les nationalistes pendant la guerre, n’a plus tellement envie de soutenir un régime dictatorial détesté par son peuple et que tous les analystes prédisent comme moribond. D’autant que les « chemises bleues », la police spéciale du pays inspirée par les chemises noires de Mussolini, continue ses exactions sur la population.

 

Mais en dehors des communistes, armés discrètement par Moscou, aucun groupe politique ne peut émerger dans l’immédiat après guerre. La guerre civile redémarre donc et cette fois les communistes habitués à la guérilla face aux japonais passent à l’offensive et conquieent rapidement du terrain.

En octobre 1949, Mao s’empare de Pékin et proclame officiellement la « République Populaire de Chine ». Les débris de l’armée nationaliste s’embarquent pour la petite île de Taiwan (connu à l’époque en français sous le nom de Formose). Les américains regrettant leur manque de prévoyance décident d’envoyer leur marine autour de l’île pour éviter que les communistes n’aillent poursuivre leur conquête, permettant à Tchang Kai Chek de se réorganiser
Deux Chine se font alors face à face, chacune se considérant comme la seule légitime. La République Populaire de Chine de Mao Ze Dong (appelée aussi Chine Continentale) qui règne sur la presque totalité du pays, soit 600 millions de personnes à l’époque, et la République Nationaliste de Chine, c’est-à-dire Taiwan et ses 10 millions d’habitants, qui se proclame la seule légitime, face aux usurpateurs communistes et sur laquelle s’installent des bases américaines. Une situation explosive qui menaça à plusieurs reprises de dégénérer en guerre, d’autant que Taiwan, représentant le gouvernement « officiel » chinois garde le droit de veto de la Chine à l’ONU. Après bien des tergiversations et des tractations, la Chine populaire ne sera reconnue comme légitime détentrice de ce droit qu’en 1971.

 

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Taiwan sera dirigée par Tchang Kai Chek jusqu’à sa mort en 1975 avant d’évoluer en véritable démocratie et de connaître une explosion industrielle qui va faire sa prospérité en devenant un des « dragons asiatiques » avec la Corée du Sud, Hong-Kong et Singapour. Les deux pays ont toujours des relations extrêmement tendues, même si des deux côtés des tentatives ont été faites ses dernières années pour se rapprocher, surtout économiquement.

Le passage de la Chine dans le camp communiste est un coup de tonnerre pour les américains. L’opinion publique chauffée à blanc par MacCarthy va reprocher à Truman d’avoir laissé le communisme triompher dans le pays le plus peuplé du monde, ce qui coutera au parti démocrate les élections suivantes. Le péril jaune s’ajoute au péril rouge…

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Le traité d’amitié entre Staline et Mao en 1950 vue par la propagande soviétique

Quand à Mao, il complète sa conquête l’année suivante en annexant purement et simplement le Tibet et en lançant son pays dans une vaste politique de nationalisation et collectivisation sur le modèle soviétique. D’un point de vue politique il concentre tous les pouvoirs et se lance dans un culte de la personnalité que n’aurait pas renié Staline. Mais la lune de miel avec l’URSS sera de courte durée, après la mort de Staline, Mao trouve ses successeurs trop conciliants avec les capitalistes. Surtout, la critique par Khrouchtchev en 1956 des excès du stalinisme le révolte. Il commence à rompre les ponts avec l’Union Soviétique et se présente comme le seul  véritable dirigeant communiste d’envergure mondiale en se lançant dans une politique très personnelle qui le conduira parfois à se rapprocher de l’Occident et à s’opposer directement aux anciens alliés soviétiques.

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Pour completer : Un dossier fort bien fait sur l’histoire de la Chine avec notamment une biographie de Mao

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