Sarkozy fait le Kow Tow à Hu Jintao

Sarkozy fait le Kow Tow à Hu Jintao chef de l’empire du Dragon et de la répression ! 

29/04/2010

Nicolas Sarkozy serre al main du Président chinois le 28 avril 2010 à Pékin (Michel Euler/Reuters).

C’est la photo qui tue. Sans doute ce « moment décisif » cher à Henri Cartier-Bresson était-il trop tentant pour symboliser la nouvelle puissance chinoise et la contrition de Nicolas Sarkozy qui cherchait à se réconcilier avec LA nouvelle superpuissance. Et peut-être que cette image est totalement trompeuse, ne montrant qu’un instant déconnecté de son environnement.

Il n’empêche, cette photo de l’agence Reuters est violente car elle illustre à merveille les nouveaux rapports de force mondiaux tels que cherchent à les signifier les dirigeants chinois, d’abord à leur peuple, et au reste du monde.

Nicolas Sarkozy aurait pu s’éviter cette scène s’il s’était référé à l’histoire récente, et à celle plus ancienne.

Capture d'écran du site Internet Cyberpresse.caDébut avril, Barack Obama avait été sévèrement critiqué par ses adversaires républicains pour s’être incliné devant Hu Jintao, avec la même courbette que celle de Sarkozy, lors de la visite à Washington du président chinois pour assister au sommet sur le nucléaire. « Obama s’incline devant un communiste chinois », avait titré le Drudge Report !  En novembre dernier, le président américain avait déjà encouru les foudres des Républicains pour une courbette très similaire devant l’empereur Akihito du Japon.

Certains commentateurs avaient rappelé au passage que Dick Cheney avait salué le même empereur « le dos droit », et que le général MacArthur, à la défaite du Japon à l’issue de la deuxième guerre mondiale, avait rencontré son père Hirohito, les mains sur les hanches…

Le « kow tow » devant l’empereur

Kowtow.jpgPlus loin de nous, mais de manière tout aussi pertinente, les premières rencontres diplomatiques entre la Chine et le reste du monde avaient été totalement ratées à cause de cette histoire de courbettes.

Lorsque l’émissaire de la Couronne britannique, Lord MacCartney, est arrivé à Pékin en 1793, il lui a été signifié que pour être reçu par le tout puissant Empereur Qianlong il fallait faire le « kow tow », c’est-à-dire trois courbettes.

Estimant qu’il s’agissait d’un signe d’allégeance qu’un représentant du roi d’Angleterre ne pouvait accepter, MacCartney avait quitté Pékin sans avoir vu l’empereur.

Un deuxième émissaire britannique, vingt ans plus tard, William Pitt Amherst, se retrouvait dans la même situation, et repartait bredouille sans avoir accepté l’infamant « kow tow ». Cette incapacité à communiquer entraîna par la suite les guerres de l’opium et une confrontation entre la Chine et l’Europe qui laissa bien des traces douloureuses.

Alors, la courbette devant Hu Jintao s’apparente-t-elle au « kow tow » d’antan ? Ce serait malhonnête et polémique de l’affirmer, d’autant que la pratique de la courbette ne figure plus au protocole chinois. Même si la raideur du président chinois face à la malléabilité de ses interlocuteurs occidentaux, même s’il était la puissance invitante, ne peut manquer de susciter des commentaires amusés, et parfois inquiétants, sur le monde qui s’annonce.

On ne sait si la délégation française a répété la scène de la rencontre avec le président chinois, si les conseillers en communication et en « image » de l’Elysée ont fait des recommandations en ce sens.

Mais il en est un qui a cru bon de s’abaisser très très bas, c’est Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie, que l’on voit ici en pleine action.

Jean-Louis Borloo salue Hu Jin Tao, à Pékin, le 28 avril 2010 (Michel Euler/Reuters).

C’est sa secrétaire d’Etat Chantal Jouanno qui appréciera, elle qui avait dénoncé (entre autres) la Chine parmi les responsables de l’échec du Sommet de Copenhague…

Photos : Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo serrent la main du président chinois Hu Jin Tao le 28 avril 2010 à Pékin. Le kow-tow devant une cour de justice.

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