Borloo bientôt à l’Matignon !

Jean-Louis Borloo bientôt à Matignon

Créé le 06.11.10
Jean-Louis Borloo à l'Elysée le 27 octobre 2010

Jean-Louis Borloo à l’Elysée

REMANIEMENT – Donné favori par certains, critiqué par d’autres, le ministre de l’Ecologie veut jouer sa carte…

Jean-Louis Borloo, considéré comme favori pour Matignon en cas de départ de François Fillon lors du prochain remaniement, a soigné dimanche son profil de centriste, sensible à la "cohésion" et à la "justice sociale" en période de crise. Invité de l’émission politique dominicale de Canal , le ministre de l’Ecologie n’a rien voulu dire des intentions qu’on lui prête. Il a affirmé ne pas avoir discuté avec Nicolas Sarkozy de son éventuelle désignation à Matignon.

Mais il a néanmoins semblé avancer ses pions en évoquant la crise sociale que vient de traverser le pays, avec deux mois d’intense mobilisation contre la réforme des retraites, et en déclarant que le remplacement ou non de François Fillon relèvera d’"un choix politique" d’adaptation à cette réalité.

«Reprendre le chemin de la cohésion sociale»

Interrogé sur sa préférence – rester à l’Ecologie ou être Premier ministre – il a répondu : "Ce que je vois simplement, c’est que cette espèce de débat, que je trouve d’ailleurs assez inélégant à l’égard du Premier ministre et des équipes en place, ne reflète pas la réalité".

"Moi, ce que j’ai entendu de la rue, et d’une manière générale de la crise, c’est que plus il y a de crises, plus il y a besoin de justice sociale, de justice fiscale, de respect", a-t-il dit. Pêle mêle, se répétant parfois, M. Borloo a appelé à "reprendre le chemin de la cohésion sociale", "bâtir avec tous les partenaires un développement accéléré sur le logement, la qualification de la jeunesse", à "tendre la main aux plus fragiles" et "considérer que la richesse d’un pays ce sont ses ressources humaines".

"Ca ressemble déjà à un programme de Premier ministre", l’a alors interpellé la journaliste Anne-Sophie Lapix. "Non, (à celui) d’un acteur politique complètement engagé", a-t-il répliqué en évoquant notamment son action d’ancien maire de Valenciennes (1989-2002), ville du Nord ayant beaucoup souffert des restructurations industrielles et qu’il a fortement contribué à moderniser.

Habitué aux critiques

L’ancien avocat de 59 ans, parisien d’origine, est revenu sur ses vingt ans de "combat" politique, d’abord à Valenciennes, puis à Paris comme ministre à partir de 2002 (Ville et Rénovation urbaine, Emploi, bref passage à l’Economie en 2007) pour démontrer sa légitimité sur le terrain économique et social.

Il s’est aussi dit habitué à ce que des voix critiques doutent de sa capacité à franchir l’étape suivante. "J’ai l’impression de relire le même film", a-t-il dit en souriant à propos de ses détracteurs. "Tout d’un coup je deviens brouillon, je suis mal coiffé, ou je suis trop bien coiffé, enfin j’ai pas la tête de l’emploi". "Chacun est maintenant à sa vérité, moi je serai à ma vérité dans mon engagement politique où que je sois", a-t-il ajouté. "Il sera pour défendre la justice sociale et l’emploi".

Si le président du Parti radical ne fait pas l’unanimité à l’UMP et dans la majorité parlementaire, il peut compter, hormis les sondages favorables, sur des soutiens dans le camp présidentiel. En évoquant la nécessité d’un "acte II" du quinquennat Sarkozy, avec "un plan de relance sociale" et un renouveau du dialogue avec les syndicats, Jean-Pierre Raffarin a vu récemment en lui un homme "capable" d’impulser ce nouveau cap. La semaine dernière, le monsieur "Retraites" de Nicolas Sarkozy, son conseiller Raymond Soubie avait vanté "la fibre sociale" de Jean-Louis Borloo. "N’en tirez pas d’autre conclusion" avait-il aussitôt ajouté. Auparavant, le bras droit du chef de l’Etat, Claude Guéant, l’avait qualifié "d’orfèvre" en relations sociales.

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