Pôle-Emploi n’honore pas ses engagements

 
 
En octobre dernier, un chef d’entreprise de Voves a connu des difficultés dans l’attribution d’un dispositif du Pôle emploi destiné à faciliter l’embauche de personnes manquant de compétences pour un poste.
Quand Pôle emploi peine à honorer ses engagements
Publié le 12 novembre 2010  
Alors qu’on compte 17.000 demandeurs d’emploi en Eure-et-Loir, quelques couacs se font sentir dans le financement de dispositifs Pôle emploi destinés à faciliter l’insertion des chômeurs. Un employeur raconte.
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Il lui semblait important de raconter son histoire. Dans sa démarche, pas question de mettre en cause, plutôt une volonté d’alerter pour faire évoluer les choses. « Pour que la pression de l’opinion publique fasse que les subsides mis en place pour aider à la réinsertion des chômeurs restent disponibles », expliquait Alain Maubert.

Au début du mois d’octobre, le dirigeant d’Atmos Plastics, une PME basée à Voves, cherche un nouveau chef d’atelier. Parmi les candidats, l’un d’entre eux retient son attention. Franck Blois, 44 ans, est au chômage depuis près d’un an et demi à la suite de la fermeture d’Isobox, un sous-traitant de Phillips à Dreux.

Adapter le chômeur à l’entreprise

Problème : Franck Blois manque de compétences en matière de connaissances des matières plastiques et des outillages. Il propose alors à son futur employeur le dispositif de l’AFPR (action de formation préalable au recrutement). « Cela nous paraissait très intéressant. Nous avions prévu de le former en interne sur 9 semaines. Toutes les conditions liées au salarié et à l’entreprise étaient remplies. Nous avions un suivi téléphonique régulier avec Pôle emploi, tout allait se faire. Jusqu’à la veille de la signature où la directrice du Pôle emploi Lucé m’a dit que l’enveloppe de financement AFPR était épuisée », raconte Alain Maubert qui a reçu cette annonce comme un choc.

« L’enveloppe a effectivement été consommée très vite pour ce dispositif. Fin octobre, nous avions épuisé le fonds. C’est toujours compliqué lorsque nous arrivons à la fin de l’année. Mais nous avons depuis obtenu une rallonge budgétaire d’un million d’euros à l’échelle régionale. C’est une mesure très prisée, un réel levier pour les demandeurs d’emploi et pour les entreprises », reconnaissent Julien Pascual, directeur territorial du Pôle emploi et Valérie Le Normand, directrice de l’agence Pôle emploi de Lucé en ajoutant que 2.500 conventions de ce type ont quand même été signées sur la région.

Problème de disponibilité, complète Jean-Yves Cribier, directeur régional de Pôle emploi : « Nous recevons les enveloppes par tranches, en fonction des entrées qu’ont nos financeurs que sont l’Unedic et l’État. Actuellement, même, nous n’avons utilisé que 6,6 millions d’euros sur la totalité du budget AFPR qui est de 7,6 millions. » Une cinquantaine de dossiers comme celui d’Alain Maubert ont rencontré des difficultés liées au financement, sur l’ensemble du département. Cette situation n’est en effet pas circonscrite à l’agence de Lucé. « Nous avons la certitude de pouvoir honorer nos engagements mais nous allons devoir négocier pour gérer au mieux les fonds », détaille Julien Pascual.

Augmenter les fonds ?

Comme dans le cas d’Alain Maubert qui a obtenu 1.500 € au lieu des 2.000 € prévus, des arrangements seront trouvés en fonction de chaque situation. Report de la date d’entrée dans l’entreprise, durées plus courtes, formations moins chères… Telles sont les solutions évoquées. « Nous travaillons avec les moyens qu’on nous donne. On n’en a jamais assez. C’est très compliqué d’opposer une réponse négative pour un problème financier », avouent en coeur Julien Pascual et Valérie Le Normand.

Pour autant, ils ne sont pas favorables à une augmentation des budgets. « Si nous n’avions pas de limites, nous ne serions pas efficaces. Il ne faut pas que ce soit la table ouverte ou une chasse à la prime à l’embauche pour les entreprises. C’est une aide pour les gens les plus éloignés du retour à l’emploi. Mais l’entreprise et le demandeur d’emploi ont aussi des choses à faire, notamment grâce aux organismes collecteurs pour la formation professionnelle ». Toutefois la situation reste paradoxale. Alors que le chômage ne cesse de croître, ce dispositif qui permet un retour à l’emploi immédiat rencontre des freins.

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