Electricité : EDF propose à l’Etat d’augmenter les tarifs d’environ 30 % en cinq ans

Electricité : EDF propose à l’Etat

d’augmenter les tarifs d’environ

30 % en cinq ans

Dans le cadre de la réforme du marché de l’électricité, l’électricien public revendique des conditions qui devraient augmenter la facture du particulier de 6,5 % par an jusqu’en 2015. Il propose au gouvernement des solutions pour réduire cette hausse annuelle à 5,1 %.

 
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Contrairement au message officiel, la réforme du marché de l’électricité risque bel et bien d’entraîner des hausses de tarif pour les clients d’EDF. Dans le cadre de la loi Nome (nouvelle organisation du marché de l’électricité), l’électricien public vient de proposer aux pouvoirs publics un dispositif qui amènerait à augmenter la facture des particuliers de 5,1 % à 6,5 % par an jusqu’en 2015, inflation comprise. Une nette rupture avec les hausses des dernières années, comprises entre 1 % et 3 % par an. Sur cinq ans, cela aboutirait à une augmentation de 28 % à 37 %. Les prix français resteraient malgré tout compétitifs en Europe, plaide-t-on chez EDF.

La balle est dans le camp du gouvernement, qui voulait initialement trancher sur les modalités de la réforme la semaine prochaine, après le deuxième tour des élections cantonales. Au dernières nouvelles, il table sur un nouveau délai de deux semaines.

Question capitale : le prix de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Clef de voûte de la réforme, qui vise à stimuler la concurrence dans l’électricité, l’Arenh est le prix auquel les concurrents d’EDF pourront lui acheter une partie de sa production nucléaire. Alors que GDF Suez milite pour un niveau de 35 euros par mégawattheure (MWh), le groupe présidé par Henri Proglio revendique 42 euros dès 2011, puis des hausses régulières pour arriver à 46 euros en 2015. Paul Champsaur, qui doit remettre ces jours-ci son rapport au gouvernement, privilégierait un niveau proche de 39 euros.

Pour les pouvoirs publics, auxquels EDF n’a pas manqué de rappeler le besoin d’investissement dans le nucléaire à la lumière de la catastrophe de Fukushima, l’enjeu est de faire en sorte que la réforme n’entraîne pas de trop fortes hausses de prix. La loi prévoit en effet que le coût du nucléaire dans les tarifs – estimé aujourd’hui à 35 euros le MWh -converge vers le prix de l’Arenh à l’horizon de 2015. Plus ce dernier sera élevé, plus la pente tarifaire sera brutale.

Contexte social difficile

EDF a récemment présenté aux pouvoirs publics un document, auquel « Les Echos » ont eu accès, visant à « concilier » sa demande avec une évolution « acceptable du tarif bleu » jusqu’en 2015. Dans son scénario de référence, le groupe prévoit une hausse moyenne du tarif bleu de 4,7 % par an en euros constants. Avec une inflation de 1,8 %, cela correspond à une augmentation de 6,5 % par an. De quoi susciter une polémique dans un contexte social déjà chargé par les hausses des prix du carburant et du gaz. Surtout à quatorze mois de la présidentielle…

Dans un deuxième scénario, EDF propose des outils permettant de conserver un Arenh élevé, tout en rabotant d’autres éléments du tarif. Il arrive ainsi à une hausse annuelle de 3,3 %, soit 5,1 % inflation comprise. L’opérateur historique suggère notamment de plafonner l’augmentation de la CSPE (contribution au service public de l’électricité), qui sert entre autres à financer les énergies renouvelables. Il aimerait aussi voir un élargissement de l’assiette de cette taxe au gaz et au pétrole. Quitte à se fâcher avec GDF Suez et Total, EDF estime que la CSPE est un élément de la politique énergétique nationale. Il reconnaît néanmoins que son innovation est exclue par les temps qui courent.

L’enjeu pour EDF est de préserver la valeur de l’énergie dans les tarifs. Le groupe craint en effet que les hausses prévues de la CSPE ou du tarif d’acheminement ne rognent ses marges. Ces éléments de la facture sont appelés chacun à croître de 2 % à 3 % par an.

Des tarifs français compétitifs

Particularité française, le tarif « Bleu » payé par les clients résidentiels a baissé pendant des années en euros constants.
Malgré sa remontée récente, à125,6 euros par MWh toutes taxes comprises, il reste 25 % en dessous de la moyenne des 27 pays européens, selon Eurostat. Le client particulier belge paye son électricité 203 euros par MWh et le client allemand, 237,5 euros.
Les entreprises françaises bénéficient aussi de tarifs compétitifs. Elles payent en moyenne 74 euros HT par MWh, soit 28 % de moins que leurs rivales européennes.

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