Les cours du cacao se stabilisent !

Après la prise de Gbagbo par les forces de l’ONU, les cours du cacao se détendent. Le grand jour est arrivé !

Je ne vous parle pas du grand jour de l’investiture d’Alassane Ouattara. Du moins pas encore. Je veux parler de la reprise des exportations ivoiriennes.

Depuis des mois, les négociants internationaux font bloc derrière le président légitime. Les chocolatiers attendent en puisant dans leurs stocks. Les puissances militaires s’organisent pour désenclaver la production…

A court terme, les exportations de fèves vont reprendre. Le baisse des cours en dessous des 2 000 livres sterling/tonne, entamée début mars, pourrait se poursuivre.

Mais qu’en est-il à moyen terme ?

Une seule certitude : la production ivoirienne continuera de faire le prix du cacao. Il est donc important de savoir dans quel état l’industrie du cacao sort de ce conflit.

Le cacao, le nerf de la guerre

Depuis les élections de novembre dernier, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se disputent le pouvoir en Côte d’Ivoire. Entre les deux, une production de cacao qui représente 35% de la production mondiale.

Si le cacao a fait la Côte d’Ivoire, celle-ci fait plus que jamais le prix du cacao.

Les protagonistes se sont donc affrontés pour le contrôle de la filière.

Ouattara n’a pas hésité à appeler en janvier dernier un arrêt des exportations de fèves brunes pour couper les finances de Gbagbo.

La riposte ne s’est pas fait attendre. M. Gbagbo a ordonné en mars aux exportateurs de cacao d’écouler leur production dans les plus brefs délais. D’où l’effondrement du cours.

Ultime renversement, les forces d’Alassane Ouattara sont parties à l’assaut de la ville San Pedro. En contrôlant le premier port d’exportation cacaoyer du monde, le président élu prenait le contrôle d’un stock de 100 000 tonnes de fèves.

Les investisseurs ont anticipé la victoire militaire d’Ouattara

Preuve que la politique fait définitivement le prix du cacao, les cours ont oscillé au gré des victoires militaires et des décisions politiques.

Sur quatre mois, les cours sont restés constamment sous tension. Au paroxysme de la crise, les cours ont même tutoyé des records historiques datant de 1979.

Après avoir atteints les 2 400 livres la tonne à Londres, les prix du cacao ont pourtant commencé à marquer le pas.

Au fur et à mesure que les forces d’Alassane Ouattara gagnaient du terrain, les cours se sont détendus.

Depuis le 3 mars, le cours de la fève brune a accusé un repli de plus de 18%. Le contrat à court terme à Londres est passé en dessous le seuil des 2 000 livres sterling, et cote actuellement autour de 1 900 livres sterling.

Alors que la situation politique semble définitivement clarifiée, c’est l’occasion de faire le point sur les fondamentaux de ce marché.

Quel est le véritable prix du cacao ?

Les deux tendances baissières se rencontrent enfin. Détente sur le front politique, l’offre arrive sur les marchés. Et en dépit de quatre mois de troubles, la production ivoirienne est particulièrement abondante.

L’Afrique de l’Ouest a bénéficié d’une météo particulièrement favorable cette saison. Ainsi, la Côte d’Ivoire va déverser 400 000 tonnes de fèves accumulées depuis novembre dans les entrepôts de San Pedro et d’Abidjan.

Une production internationale excédentaire

La Côte d’Ivoire n’a pas été la seule à connaître une météo clémente en 2011.

Les producteurs Ghanéens et Indonésiens ont également connu des jours heureux. Respectivement deuxième et troisième producteurs mondiaux, la santé de leurs plantations a permis de faire augmenter la production de cacao de 8% pour 2010-2011.

L’organisation internationale du cacao (ICCO) a ainsi calculé que le surplus de production par rapport à la demande serait de 200 000 tonnes pour cette saison.

Les perspectives à moyen et long terme restent incertaines

Depuis quelques jours, les acteurs institutionnels et économiques se relaient pour annoncer une normalisation rapide des exportations du cacao dans en Cote d’Ivoire.

Pourtant, la situation ne devrait pas revenir à la normale avant plusieurs semaines ou mois.

Le nouveau président doit accompagner le pays dans la réconciliation pour rassurer les investisseurs. Cette tâche sera longue.

Les cours pourraient revenir jusque vers les 1 800 livres sterling la tonne. Il sera alors temps de voir s’il est opportun pour prendre position à la hausse.

Pour l’instant, il est urgent d’attendre.

Osvaldo Villar

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